Perles anciennes d'ambre. Antique or ancient beads.
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antic1831 - Perles anciennes d'ambre

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Perles d'ambre ancien et naturel en forme de "roue", sélectionnées pour ce collier. Fermoir en argent.

Toutes les explications qui vont suivre sont tirées d'extraits de l'article "EN AMBRE, AVEZ-VOUS DIT ? de Josette Rivallain, Didier Normand, Jean Sansoulet et Jean Bleton.

L'ambre est une résine fossile, matière très appréciée en Afrique sous forme de perles, plus particulièrement dans la zone sahélienne. Ces perles sont le plus souvent enfilées en colliers et leur prix est élevé. Plus d'une femme peulh y investit le bénéfice qu'elle tire de la vente du lait de son troupeau. Depuis un millénaire, les écrits à propos de l'Afrique traitent de l'ambre en distinguant deux variétés : l'ambre gris et l'ambre jaune.

L'ambre gris, concrétion stomacale du cachalot, fut recueillie régulièrement du 11ème au 17ème siècle sur la côte mauritanienne, puis exporté vers le nord de l'Afrique. Au 17ème siècle, les auteurs mentionnaient son exportation vers l'Europe à partir du Cap-Vert où on l'utilisait dans la cuisine et la parfumerie. Nul ne la cite dans la fabrication de bijoux.

L'ambre jaune, résine fossile très ancienne, parfois dénommé succin ou Karabé, est peu mentionné dans les récits anciens traitant de l'Afrique. Il faut toutefois rappeler que, pendant de nombreux siècles, les écrivains ont décrit l'Afrique sans y voyager, utilisant des informations transmises par des voyageurs et compilant des ouvrages plus anciens. Pline l'Ancien, dans son Histoire Naturelle, a noté sept espèces d'ambre jaune. Il est le premier à indiquer qu'un pin pouvait être la source du succin (Pline l'Ancien, 1950 : livre 37, chap. 11-12). L'ambre de la Baltique date de l'Eocène, il y a environ 50 millions d'années. Pendant l'ère tertiaire, des résines de pins se sont accumulées durant plusieurs millions d'années, jusqu'à l'Eocène supérieur, sur des fonds marins aujourd'hui émergés. La production de succin nécessitait la réunion des deux conditions suivantes : des arbres susceptibles de sécréter de la résine en abondance et la présence d'eau ou de sédiments capables de protéger la résine contre l'oxydation de l'air pendant la fossilisation. Il y a 50 millions d'années, les côtes de l'Europe septentrionale n'étaient pas à l'emplacement que nous leur connaissons ; des forêts subtropicales occupaient la Scandinavie. Les terres recouvraient la mer Baltique et les golfes alentour. Le nord de la Pologne n'était pas sous la mer (Haenni & C. Dufour, 1992 : 11). L'ambre végétal fut connu dès le Néolithique en Europe et largement commercialisé à l'Age du Fer. Pour l'Afrique, l'ambre jaune n'apparaît réellement que dans les descriptions des cargaisons des navires. A destination du Sénégal, on plaçait "de l'ambre jaune moyen, couleur de paille" (Savary des Bruslons, 1726 : 1036). La description de bijoux n'apparaît qu'au 19ème siècle. C'est principalement à cette époque que les étrangers commencèrent à s'intéresser aux divers aspects de la vie des gens qu'ils rencontraient. Au début du 19ème siècle, René Caillé, parti réaliser le vieux rêve européen de rejoindre Tombouctou, nota que sur le marché de cette ville arrivaient d'Europe verroterie, ambre, corail. En 1818, Théodore Mollien, voyageant à travers le Fouta-Toro, constata que les femmes de la région portaient des bijoux en ambre, plus particulièrement dans les cheveux. La sœur de ralmany de Timbo ornait les siens de filières (ou fil) d'ambre (Mollien Th., 1967 : 134-170-205). Peu d'années plus tard, Gustav Nachtigal circula de la Lybie en direction du Tchad et vit des colliers en ambre sur le marché de Murzuq, capitale du Fezzan (Nachtigal G., 1974 : 88). A la fin du 19ème siècle, P. Soleillet, chargé d'une exploration commerciale en Ethiopie, plaça de l'ambre en filières dans ses bagages en vue de les offrir à ses hôtes éthiopiens. Toutes ces mentions sont fort rares, localisées à la fois dans le temps et dans l'espace, n'apportant pas d'explication sur l'origine de la matière première, ni sur les lieux et les techniques de transformation. Parmi les mentions les plus anciennes, nous trouvons celle du dictionnaire universel de commerce de J. Savary des Bruslons, publié au début du 18ème siècle : "Ambre jaune ou karabe, que l'on nomme en latin Succinium. C'est une espèce de gomme ou de résine fossile d'arbre qui se trouve ordinairement dans la mer Baltique, sur les côtes de la Prusse, ... " Ces maigres informations nous laissent sur notre faim. Ces écrits ne nous permettent pas de savoir depuis quand les bijoux en ambre sont appréciés en Afrique, par qui et sous quelle forme. L'Afrique n'apparaît pas productrice de ce matériau mais plutôt consommatrice d'un produit importé dans les régions subsahariennes atteintes depuis longtemps par les caravanes, tant à l'ouest qu'à l'est du continent Toutefois, l'utilisation de l'ambre jaune sur place est visiblement ancienne. Son usage était connu à travers l'Afrique sahélienne du 19éme siècle. A-t-on réalisé ces bijoux sur place ? Qui les a introduits ? Quand ? Très tôt, les étrangers commerçant le long des côtes de l'Afrique imitèrent les produits exécutés sur place ou ceux les plus réclamés, ou bien en substituèrent de nouveaux afin d'introduire des marchandises d'un moindre coût. Les imitations vinrent fréquemment d'Asie (Inde) et d'Europe. Comme tous ces bijoux regroupés sous l'étiquette de "pacotille", l'ambre n'eut jamais droit à une véritable littérature, ses imitations encore moins, y compris les perles actuelles faites de composés glucidiques.

antic1831

Fiche technique

Type
Ambre ancien véritable et ambre "Façon-façon" ou bakélite
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